Elections générales 2017 : le journal – 1ère édition

Au lendemain du vote de la Chambre des Communes fixant les élections générales au 8 juin, à 48 jours du scrutin, la bataille est lancée.

Le premier sondage effectué par YouGov auprès d’un échantillon de 1,727 personnes, après la déclaration de Theresa May, semble lui donner raison. Les intentions de vote en faveur des conservateurs culminent à 48% contre 24% pour le Labour, 12% pour les Lib-Dems, 7% pour UKIP et 9 % pour les autres (dont le SNP et les écologistes).

Du côté des observateurs, on ne manque pas de souligner la difficulté de la tâche pour le parti travailliste dont le résultat dans les urnes est régulièrement inférieur aux sondages.

Branle-bas de combat au Labour

Du côté du Labour Party, la mobilisation est à l’ordre du jour. On bat le rappel des militants et des sympathisants. Le parti revendique 2,500 adhésions et la récolte de 200,000 livres en une journée au lendemain de l’annonce des élections anticipées. Ce jeudi 20 avril, Jeremy Corbyn s’est rendu à Croydon pour lancer la campagne.

Pourtant, les élections anticipées bousculent les règles établies. Le NEC (National Executive Committee – l’organe de direction du parti) a décidé de faire face en instituant des « règles de sélection d’urgence  » pour les candidats. Alors qu’il n’y a que 6 semaines de campagne, et qu’une bonne partie des circonscriptions devront mener la bataille sur deux fronts avec les élections locales du 4 mai 2017, les règles de désignation ordinaires ont été mises à l’écart. Par conséquent, compte tenu du timing, ceux qui au sein du Labour espéraient de nouvelles désignations ou chasser certains membres du parlement élus dans les 631 comités de circonscription en seront sans doute pour leurs frais.

Les sortants qui le souhaitent seront reconduits et la plupart des candidats désignés en 2015, telle Sarah Jones à Croydon (qui avait été battue de 165 voix par le MP conservateur Gavin Barwell), se verront proposer de repartir à la bataille. En revanche, le Labour devra faire face à de nouvelles candidatures dans les 11 circonscriptions où les MPs sortants jettent l’éponge. C’est le cas d’Alan Johnson (Hull West and Hessle), Andy Burnham (Leigh) qui se présente au mayoral de la métropole de Manchester, Gisela Stuart (Birmingham Edgbaston), Jim Dowd (Lewisham West and Penge), Tom Blenkinsop (Middlesbrough South and East Cleveland), Pat Glass (North West Durham), Iain Wright (Hartlepool), Andrew Smith (Oxford East), Rob Marris (Wolverhampton South West), Fiona MacTaggart (Slough), Dave Anderson (Blaydon).

UKIP à quitte ou double

Du côté de UKIP, l’ambiance est plus morose. Leur seul Membre au Parlement, Douglas Carswell, a quitté le parti et annoncé qu’il ne se représentera pas à Clacton On Sea. Il soutiendra le candidat tory. UKIP, et son principal financeur, Arron Banks qui voulait l’affronter, se voient privés d’une possible vengeance. Pour le parti europhobe, cette élection a tout d’un quitte ou double dramatique. Les études d’opinion laissent poindre que UKIP pourrait bien perdre de son implantation au profit d’une Theresa May qui incarne le Brexit.

Les tories affichent la tranquillité

Du côté des Tories, on affiche en vitrine une attitude sereine, malgré les polémiques. Theresa May s’est retrouvée sous le feu nourri des critiques. Elle a annoncé qu’elle refuserait de participer à tout débat télévisé. Aux dernières nouvelles, les chaines ITV et BBC ont maintenu leurs débats et décidé de laisser une chaise vide à la place de celle qu’aurait dû occuper la leader du parti au pouvoir. L’autre polémique qui va se poursuivre concerne plusieurs dizaines de candidats conservateurs dont les dépenses de campagne en 2015 font l’objet d’enquêtes. Questionnée par le Membre travailliste du Parlement Dennis Skinner, Theresa May a fini par admettre que les candidats incriminés se présenterait malgré les enquêtes en cours.

On retiendra que Georges Osborne ne se représentera pas à Tatton, alors qu’il essuyait les critiques sur ses six emplois cumulés, lesquels lui rapportent près d’un million de livres par an. Par aillleurs, Simon Burns (Chelmsford) se retire après 30 ans de mandat; Angela Watkinson (Hornchurch and Upminster) arrête pour raisons de santé ; Gerald Howarth (Aldershot) ne se représente pas.

Lib-Dems : le péché originel de Tim Farron

Du côté des Libéraux-Démocrates, la campagne que le parti souhaitait démarrer en fanfare est déjà sérieusement entâchée. Dans une interview à Channel 4, Tim Farron, leader des Lib-Dems et fervent catholique, a laissé entendre que l’homosexualité serait un « pêché ». Le lendemain dans une autre interview, il n’a pas éteint l’incendie. Le parti s’est finalement fendu d’un communiqué précisant que « l’homosexualité n’est pas un pêché », mais Tim Farron se voit à nouveau associé à l’image d’un personnage intolérant… La seconde polémique porte sur les alliances éventuelles, notamment leur réaction à la proposition d’une alliance progressiste émanant des écologistes. On note qu’un élu ne se réprésente pas : John Pugh (Southport).

Les écolos se rapprochent des nationalistes gallois et écossais

Les écologistes ont démarré leur campagne en ressortant leur proposition de grande coalition contre les conservateurs. Nicola Sturgeon, pour les nationalistes écossais, et Leanne Wood, pour les nationalistes gallois, ont répondu favorablement. Mais l’accueil a été plus frais du côté du Labour. Jeremy Corbyn a écarté l’idée. Selon lui, l’alliance avec le SNP, qui « adopte un discours de gauche pour gouverner à droite », serait une mauvaise idée. Les libéraux-démocrates, par les voix de Vince Cable et de Tim Farron, ont non seulement refusé l’hypothèse d’une alliance avec le Labour mais n’ont pas souhaité écarter l’éventualité d’une coalition avec les conservateurs. La déroute de 2015 ne semble pas les toucher, alors que leur électorat les avait punis pour s’être alliés aux tories.

Pendant la campagne, le Brexit continue…

Pour la Commission européenne, l’Autorité bancaire européenne et l’Agence européenne des médicaments, installés au Royaume-Uni, « doivent être implantées sur le territoire de l’Union européenne ». Malgré la volonté du gouvernement britannique de les conserver, sans y croire, près d’un millier de salariés vont rester sur le carreau tandis que les agences vont trouver de nouveaux points de chute.

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