Elections générales 2017 : le journal – 13ème édition

A trois jours de la tenue des élections générales, les enquêtes d’opinion paraissent toujours aussi contradictoires. Le site BritainElects, après agrégation de tous les sondages, donne le parti travailliste à huit points des conservateurs. Si cette tendance se confirmait, les tories conserveraient une majorité absolue à la chambre des Communes. Mais deux instituts, Survation et YouGov maintiennent leurs prévisions d’un hung parliament, un parlement suspendu car privé de de majorité absolue, malgré un système de vote conçu pour l’assurer en toutes circonstances.

  • Conservateurs : 41% (-2)
  • Travaillistes : 40% (+3)

(via @Survation / 02 – 03 Juin)

Après une pause dans la campagne, consécutive aux attaques terroristes sur Londres, samedi 3 juin, les hostilités ont repris de plus belle dès le lundi 5.

Corbyn demande la démission de May

L’image que les Londoniens entendent donner d’eux mêmes

Et c’est peu de dire que le ton est monté. Après l’attentat de Manchester, la responsabilité de Theresa May dans la dégradation des conditions de travail de la police avait été mise en cause. Ministre de l’Intérieur de 2010 à 2016, l’actuelle locataire du 10 Downing Street a en effet mis en oeuvre des réductions budgétaires qui ont débouché sur la suppression de 20,000 emplois de policiers.

Dans ce contexte, Jeremy Corbyn, leader du parti travailliste, a pris le risque de politiser la question de la lutte contre le terrorisme. Estimant que Theresa May est personnellement responsable de la dégradation des conditions de sécurité après son passage au Home office, il a demandé sa démission. Il faut également souligner que le Labour a inscrit, dans son Manifesto, la création de 10,000 postes de policiers, bien avant les attaques terroristes de ce mois de mai.

A l’issue d’une veillée en hommage aux victimes, lundi soir, Sadiq Khan, le maire de Londres, a lui aussi attaqué le bilan conservateur en matière de lutte contre le terrorisme. Il a estimé que le programme des conservateurs pourrait se traduire par 400 millions de livres en moins dans le budget de la Metropolitan Police, laquelle a déjà souffert de 600 millions de coupes budgétaires. Sadiq Khan, qui a tenu jusqu’alors à se démarquer de la ligne de Jeremy Corbyn, a suggéré que Scotland Yard pourrait perdre entre 3,400 et 12,800 postes.

« Des coupes de cette ampleur rendraient bien plus difficile la prévention de nouvelles attaques terroristes sur notre ville. En tant que maire, je ne peux tout simplement pas laisser faire », a tranché Sadiq Khan.

Trump s’attaque au maire de Londres

Auparavant, le maire de Londres a été pris pour cible par… le président des Etats-Unis. Dans une déclaration publique au lendemain de l’attaque terroriste, Sadiq Khan a déclaré : « Les terroristes cherchent de nouveaux moyens de nous perturber, de nous effrayer, de nous blesser. La police cherche explore de nouveaux moyens de nous protéger. Aujourd’hui et dans les prochains jours, il y a aura une présence renforcée de la police dans les rues. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

Ce à quoi le président Donald Trump a répondu par un tweet sauvage :

« Excuse pathétique du maire de Londres qui a du manquer de recul avec sa déclaration sur « aucune raison de s’inquiéter ».

La communication de Sadiq Khan a fait savoir qu’elle n’avait pas de temps à perdre à répondre à un tweet « mal informé » de Donald Trump. Dès dimanche, la polémique déclenchée par le président des Etats-Unis a pris une tournure plus britannique. Interrogée à sur les déclarations de M. Trump, Theresa May a évité de répondre à trois reprises. Elle ne s’est ni désolidarisée des propos du dirigeant coutumier des polémiques ni du maire de Londres. Pour quelqu’un qui se posait comme « assez forte pour être directe avec les gens », le message semble mal passer.

Pendant ce temps, Jeremy Corbyn a donné un meeting à Gateshead, dans le Nord-est, où des milliers de personnes sont venues l’acclamer. La dynamique du leader socialiste se confirme mais sera-t-elle suffisante pour procéder à la bascule électorale ? Rien n’est moins certain.

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