Theresa May perd son conseiller politique à la veille de la présentation du budget

Elle a pris le parti et Downing street sur la promesse de renouer avec le conservatisme populaire ; elle se retrouve accusée de faire des tories « le parti de l’austérité et des privilégiés fainéants ». Theresa May s’enfonce un peu plus, chaque jour, dans la crise. Lundi 20 novembre, George Freeman, le chef du conseil politique de la première ministre, a annoncé sa démission. Le membre du parlement pour Mid-Norfolk n’a pas mâché ses mots. Il a critiqué vertement l’élaboration du manifesto conservateur pour les élections de juin dernier. A deux jours de la présentation du budget 2018, c’est un coup dur pour la première ministre.

George Freeman a écrit à Theresa May il y a un peu plus d’un mois. Son courrier restant sans réponse, il l’a laissé publier sur le site Conservative home. Appelant le président du parti conservateur à démissionner, il a décidé d’ouvrir son texte sur une citation de Ronald Reagan :

« Dans la crise actuelle, le gouvernement n’est pas la solution au problème.
Le gouvernement est le problème. »

Revenant sur les conditions d’élaboration d’un manifesto qualifié de « bordélique », il a rappelé qu’il a été essentiellement rédigé par le directeur de cabinet de Theresa May. Pour le MP élu en 2010, le programme électoral conservateur s’est révélé être le produit « de la concentration antidémocratique de pouvoirs dans les mains d’un cercle aussi fermé qu’étroit ». Dans une autre tribune publiée dans le quotidien conservateur The Telegraph, il ajoute : « Quand un manifesto est publié sans avoir même étant vu par des ministres (ou moi-même en tant que président du conseil politique du Premier ministre, cela montre un mépris fatal pour l’avis des parlementaires. »

Mais c’est son attaque sur l’avenir du parti conservateur qui se révèle la plus cruelle pour la leader tory. La semaine passée, il a taclé sévèrement :

« Si nous nous permettons d’être définis comme un parti nostalgique étroit, adepte du seul hard Brexit, comme le parti de l’austérité de secteur public et des privilégiés paresseux, nous risquons de nous aliéner une nouvelle génération entière d’électeurs. »

Freeman, qui a décidé de se concentrer sur la rénovation du parti conservateur, alerte ses collègues sur les 16-45 ans qui se détourneraient, majoritairement, des Tories. Pour étayer ses propos alarmistes, il pourra publier un sondage publié dimanche qui met en lumière que cette tranche d’âge jeune fait désormais plus confiance aux travaillistes sur les questions économiques.

Après que deux de ses ministres ont démissionné en 15 jours, Michael Fallon à la défense, et Priti Patel au développement international, ce nouveau départ est un coup dur pour Theresa May. Il l’est à double titre. Il continue à affaiblir l’équipe dont la première ministre s’était entourée en arrivant au 10 Downing Street. Surtout, il expose sur la place publique les errements de sa ligne politique.

Dans son discours d’investiture, Theresa May avait promis de renouer avec le conservatisme social et populaire, le blue collar toryism cher à Margaret Thatcher. Cette doctrine avait permis aux conservateurs de rester au pouvoir de 1978 à 1997. Or, le gouvernement qu’elle dirige semble, chaque jour, de plus en plus déconnecté des préoccupations des classes populaires.

Dernier exemple de cette réalité, le chancelier de l’Echiquier et numéro deux du cabinet, Philipp Hammond a commencé la semaine, dimanche 19 novembre, en déclarant sur la BBC qu’il « n’y a pas de sans emplois au Royaume-Uni« . A quelques jours de sa présentation du budget 2018, la gaffe est monumentale.

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