Près de 4 millions d’adultes au Royaume Uni contraints de faire appel aux banques alimentaires


Près de 4 millions d’adultes au Royaume-Uni sont contraints de faire appel aux banques alimentaires en raison de la hausse « choquante » de la pauvreté.

Pendant que les conservateurs règlent leurs comptes au sein du gouvernement sur la sortie du pays de l’Union Européenne, bon nombre d’habitants luttent pour leur survie.

Selon les chiffres fournis par le Tussel Trust (organisme de charité qui gère près de 400 banques alimentaires sur les 1235 qui opèrent au Royaume-Uni), 1,5 millions de britanniques -dont 365.000 enfants- sont démunis (plus que les populations de Liverpool et Birmingham réunies). Ces chiffres sont jugés très préoccupants dans un contexte où, en un an, le Trust a fourni 1,332,952 colis alimentaires, soit une hausse de 13 %. L’année précédente, la hausse s’élevait à 6 %.

Les personnes interrogées sur ce qui les a conduites à faire appel aux banques alimentaires citent en premier lieu les bas salaires, le coût du logement, l’endettement. En forte hausse, parmi les raisons qui ont amené tant de Britanniques à faire appel aux banques alimentaires, les délais de plus en plus longs pour toucher les aides sociales. La mise en place du système unique d’aide, Universal Credit, devait résorber cette situation. Dans les faits, c’est le contraire qui se produit.

Dans ce contexte, le Tussel Trust en appelle au gouvernement pour réduire les délais afin de verser aux plus vite les allocations. Il propose également qu’on aligne les aides sur l’inflation afin d’attenuer les impacts du coût de la vie.

Emmie Revie, responsable de l’organisme de charité, a déclaré : « il est difficile de ne plus avoir faim quand il n’y a pas assez d’argent pour couvrir des dépenses en hausse sur des postes essentiels tels que le logement et la nourriture. Pour beaucoup trop de gens, rester la tête hors de l’eau est une lutte quotidienne. Il est totalement inacceptable que tant de gens soient contraints de se tourner vers les banques alimentaires.

« Le Universal Credit est l’avenir de notre systeme d’aides sociales, il est vital qu’il fonctionne correctement et qu’on assure un niveau de versement qui permette de faire face aux besoins essentiels, notamment pour les groupes de personnes qui ont déjà besoin des banques alimentaires, les personnes handicapées, atteints de maladies, familles avec enfants ou les parents célibataires. » Les sanctions générées par le Universal credit étaient en hausse de 12 % à l’automne 2017, et concernent la moitié des décisions.

Tess Lanning, directrice de la fondation Living Wage, a souligné le lien entre les bas salaires et l’utilisation des banques alimentaires. « bon nombre de personnes qui ont faim, travaillent également, cela concerne un foyer sur six ». Notre propre étude à démontré qu’un tiers des parents travaillant à temps plein, et gagnant moins que le revenu minimum réel (10 livres de l’heure à Londres, et et 7.5 au plan national), sautent des repas. C’est pourquoi nous avons besoin d’aller au dela du mimimum gouvernemental et nous engager à verser des salaires basés sur le cout réel de la vie »

Déni gouvernemental

Un porte parole du gouvernement a balayé ces critiques, expliquant que les raisons pour lesquelles les gens font appel aux banques alimentaires sont complexes, et qu’on ne peut faire le lien avec une raison particulière. En outre, selon le porte parole l’étude sur laquelle s’appuie le Tussel Trust est basée sur un échantillon marginal qui ne reflète pas la réalité qui est bien différente d’après lui, les tories auraient sorti de la pauvreté un million de britanniques depuis 2010. Un discours en contradiction flagrante avec la réalité.

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