Elections générales 2017 : le journal – 4ème édition

Coup de semonce au Pays-de-Galles

Le dernier sondage de YouGov (un institut décrié comme une officine de propagande tory) a fait l’effet d’une douche froide. Si sa dernière étude était confirmée lors du scrutin du 8 juin 2017, il ferait l’événement. Pour la première fois depuis 150 ans, les conservateurs seraient majoritaires au Pays-de-Galles.

Les tories sont donnés à 40% (+12) et 21 sièges ; le Labour 30% (-3) et 15 sièges; les nationalistes de gauche Plaid Cymru obtiendraient 13% (-) et 3 sièges ; les Lib-Dems 8% (-1) et 1 siège ; UKIP: 6% (-7). YouGov a mesuré l’évolution depuis janvier 2017.

Cette enquête, à prendre avec des pincettes, confirme ce que chacun observe dans tout le Royaume-Uni : une grande partie de l’électorat UKIP serait tenté de voter pour le parti conservateur.

Au delà de la discussion sur la fiabilité d’une enquête d’opinion, ce sondage soulève au sein du Labour gallois quelques inquiétudes. Certains craignent que le parti subisse la même descente aux enfers que connaissent depuis plus de 10 ans les travaillistes écossais.

En Ecosse la bataille s’amplifie

Première ministre de l’Ecosse et leader des nationalistes écossais, Nicola Sturgeon confirme que sa cible principale sera le parti conservateur lors des élections législatives. Mais les sondages indiquent que la situation se complique pour le parti au pouvoir à Holyrood. Le SNP aura du mal à conserver ses 56  élus sortants (sur 59 Membres du Parlement en Ecosse). Le leader des Scottish tories, Ruth Davidson, en est persuadée et table sur une douzaine d’élus conservateurs. Les dernières études d’opinion donnent le SNP à44% (-3), suivi par les conservateurs à 33% (+5), le Labour à 13% (-1) et les Lib-Dems à 5% (+1).

Nicola Sturgeon a souligné que les prochaines élections générales avaient pour objectif de protéger l’Ecosse d’un gouvernement conservateur. Elle a tenu à les démarquer de l’enjeu de l’indépendance :

« Les gens qui veulent être sûrs que l’Ecosse aura une voix forte contre les conservateurs dans ce scrutin doivent voter pour le SNP (…) L’élection ne va pas décider si l’Ecosse devient indépendante ou non. Nous avons un mandat pour organiser un référendum depuis les élections de l’année dernière. »

Les conservateurs ne l’entendent pas de cette oreille et s’appuient sur le dernier sondage indiquant que seuls 37% des Ecossais en mesure de voter soutiendraient l’indépendance alors que 55% y seraient opposés. Le Labour écossais, prenant en compte ces études d’opinion, espèrent qu’ils vont commencer à ramener au bercail une partie de leur électorat perdu.

Le Parti Communiste Britannique soutient le Labour Party

Le PC britannique a décidé d’apporter son soutien au Labour. Son secrétaire général, Robert Griffith, estime que ce soutien constitue un « premier pas vers un gouvernement de gauche à Westminster ». Concrètement, le parti ne présentera pas de candidats, suivant en cela les autres composantes de la gauche radicale. Il appelle également son millier de membres à aider le Labour sur le terrain.

Toutefois lors des élections locales du 4 mai prochain, la coalition TUSC a décidé de maintenir ses candidats, tout en acceptant de renoncer aux législatives. Un soutien au poids très relatif. Lors des élections générales de 2015, l’ensemble des candidatures de la gauche radicale a obtenu 57,000 suffrages (dont 1,229 pour les 9 candidats du PC), tandis que le Labour obtenait plus de 9 millions de voix. Côté tories, on ironise sur « un soutien hostile aux entreprises et favorable à la sortie de l’OTAN ».

Le leader Lib-Dems recule sur l’homosexualité

Tim Farron, le leader des libéraux-démocrates, a fini par déclarer qu’il ne considère pas que l’homosexualité est un péché, après avoir éludé la question pendant plusieurs jours.

Open Britain choisit ses cibles

Le groupe transpartisan pro-européen Open Britain a ciblé 20 élus pro-Brexit qu’il souhaite voir électoralement sortis du parlement en juin prochain. La première d’entre-eux est la travailliste eurosceptique Kate Hoey, les 19 autres sont tous conservateurs. Les membres tory du parlement Nicky Morgan, Anna Soubry, Dominic Grieve et Neil Carmichael ont décidé de quitter la direction de ce groupe de pression après la parution de cette liste.

PMQs : dernier face à face Corbyn – May ?

Theresa May et Jeremy Corbyn se sont vivement affrontés lors de la dernière séance de questions au premier ministre (PMQs) ce mercredi 26 avril. La passe d’armes a porté sur « le choix qui attend les Britanniques » lors de l’élection général de juin.

La première ministre affirme qu’une victoire des travaillistes engendrerait un « Brexit chaotique » pendant que Corbyn a martelé: « Les Tories sont forts envers le faible et faibles face aux puissants ».

Theresa May a refusé de confirmer que le « triple verrou » qui protège les pensions versées par l’Etat serait maintenu après les élections. Angus Robertson, porte-parole du SNP, qui a soulevé la question, estime que l’absence de réponse de la cheffe du gouvernement anticipe qu’elle ne tiendra pas les engagements de son prédécesseur.

Le triple verrou a été mis en place en 2010 garantit une revalorisation des pensions à hauteur de la croissance du salaire moyen, de l’indice des prix à la consommation ou 2.5% selon l’indicateur qui est le plus élevé.

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