Après la suspension, Boris Johnson envisage la dissolution du Parlement

LE PARLEMENT BRITANNIQUE NE SE LAISSERA PAS SUSPENDRE SANS COMBAT. Mardi 3 septembre au soir, les membres du parlement ont imposé un camouflet au Premier ministre. Tout le drame s’est joué dans le camp conservateur, malgré les menaces disciplinaires et le chantage, 21 élus conservateurs ont voté une motion permettant de discuter du vote d’une loi ce 4 Septembre qui éviterait une sortie sans accord du Royaume-Uni. Johnson a riposté en annonçant des élections générales anticipées au 14 octobre. Mais il lui faut une majorité des deux-tiers à la Chambre des Communes pour faire adopter, au parlement, sa propre dissolution.

L’issue du vote – 328 contre 301 – n’a surpris personne. Le Premier ministre britannique savait, depuis sa nomination, qu’une vingtaine de MPs conservateurs s’opposerait à sa ligne dure. Il les a accusé de « torpiller les négociations en cours avec l’Union européenne ». Les instances des 27 affirment toujours attendre les propositions de Boris Johnson. Lequel a réduit de 75% le nombre des collaborateurs embauchés par Theresa May sur ce sujet. Pour Boris Johnson, seule la sortie compte.

Contrairement aux précédents clashes dans les rangs conservateurs, Boris Johnson s’est donné les moyens pour faire le ménage au sein du parti. Il ne fait guère de doute que la vingtaine d’élus rebelles, dont deux anciens Chanceliers de l’Echiquier et le petit-fils de Churchill, seront poussés dehors. Quant à l’élu conservateur Phillip Lee qui a attendu que Boris Johnson s’exprime pour quitter les rangs tories et rejoindre les Lib-Dems, il a été désélectionné en Juin dernier par son comité de circonscription. Son baroud d’honneur chez les Libéraux Démocrates ne devrait pas durer. De l’aveu même des Lib Dems, la circonscription est un bastion tory.

Battu sans surprise donc, Boris Johnson abat sa dernière carte. Il devrait déposer, dans les prochains jours, une motion visant à l’organisation de nouvelles élections générales. Avec un slogan de campagne bien rodé, « moi ou le remain ». Il entend proposer une alternative simple : « le respect de la démocratie » ou le chaos provoqué par une opposition hétéroclite qui ne veut que bloquer le mandat du référendum de 2016. Cette élection lui offrirait, en sus, la légitimité et le mandat que ses opposants lui dénient.

Mais parviendra-t-il à réunir les 434 membres du Parlement nécessaires pour que le texte soit adopté ? Ce n’est pas impossible. Le Labour party a accepté le principe d’une élection anticipée si le texte bloquant le no-deal est adopté. Corbyn partage avec Boris Johnson une seule chose : ils sont tous les deux persuadés de gagner le prochain scrutin. Pour l’heure, le Premier ministre mène aux poings dans la course au pouvoir.

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